Archive for September, 2008

Ducktails s/t 7”, Breaking World Records, September 2008

Thursday, September 25th, 2008


This month, Breaking World Records releases a limited edition 7 inch by Ducktails, a.k.a. Brooklyn-based musician Matt Mondanile, marking the onset of fall with a prayer for eternal summer. Though he proudly identifies suburban New Jersey as his heart’s true home, Mondanile’s sound is equally the product of four years on the Western Massachussetts noise scene, a prolonged stay in an immigrant neighborhood in Berlin and a thriving re-issue culture that brings psychedelic and world music gems back from the dead.

(more…)

Jackie-O Motherfucker + Sunburned Hand of the Man at the Soy Festival (Nantes): The New Ecstatic America

Friday, September 19th, 2008

For the third installment of this year’s Soy Festival, the Nantes-based Yamoy association brings us two groups recently signed to Thurston Moore’s Ecstatic Peace. New acquisitions, but by no means wet behind the ears. Dating back to the mid-90s, Sunburned Hand of the Man and Jackie-O Motherfucker are the pioneers of a New Weird America that takes pleasure in denaturing the codes of traditional American music.

(more…)

French Frenzy

Sunday, September 14th, 2008

Phill Niblock: At the Heart of the Sound Wave: Interview, Paris, March 29th, 2008

Sunday, September 14th, 2008


Composer Phill Niblock, key player in the New York minimalist scene, isn’t finished making his heady drones ring out all over the planet. On the road eight months out of the year, this composer and filmmaker will set down his suitcases next Thursday in Nantes for a landmark performance at the Musée des Beaux-Arts.

(more…)

Une soirée avec Tom Carter et GHQ: “Sit down, tune in, drop out”

Saturday, September 13th, 2008

GHQ_001À peine nos oreilles étaient-elles reposées des performances étourdissantes de Sunburned Hand of the Man et de Jackie-O Motherfucker au Festival Soy de l’automne dernier, que le son extatique de l’underground psychédélique américain était de retour à Nantes, vendredi 21 mars, avec Tom Carter et GHQ – cette fois, cependant, sous une figure plus paisible.

Vendredi 21 mars, Nantes. Le café Grimault, petit bar de style “saloon américain” du quai de Versailles, est plein à craquer bien avant 20 heures. Ce n’est pourtant qu’à 21 heures que Tom Carter (Austin, Texas) et deux membres du trio new-yorkais GHQ (Marcia Basset et Steve Gunn) se mettent à table et commencent à picorer leur salade en devisant, sourds au vacarme d’un public de plus en plus impatient. Le décalage de deux heures entre l’heure annoncée et l’entrée en scène de Carter donne le ton de la soirée – Carter et GHQ nous offrent une musique patiente, posée, une exaltation sonique accessible à ceux-là seuls qui sont prêts à s’asseoir, respirer, écouter et s’abandonner aux bienfaits d’un petit voyage hallucinatoire.

Hypnotique, oui. Répétitif, statique, minimal, non. L’affiche de la soirée organisée par l’association Yamoy, qui qualifie la musique de Tom Carter (Kranky) de “drone psyché”, est peut-être un peu réductrice. Loin de créer une musique fondée sur la répétition de notes statiques (de drones, au sens traditionnel du terme), le guitariste texan, véritable sorcier, brode une tapisserie riche de sons surnaturels et d’inflexions mélodiques fugitives. Sa démarche, basée sur l’improvisation, repose sur la superposition de sons mis en boucles, réverbérés et retardés – un procédé sans doute facilité par l’amas de pédales, mixeurs et hauts-parleurs qui repose à ses pieds.

Au cœur de la musique de Tom Carter gît une fascination pour les possibilités acoustiques de la guitare – non pas instrument unique, à voix unique, mais multitude de voix, toutes prêtes à être découvertes moyennant un peu de bricolage. Le champ sonore tendu, hypersensible créé par l’utilisation de nombreuses pédales et artifices électroniques lui permet d’expérimenter diverses techniques de jeu – à certains moments, il “joue” de sa guitare en ne battant qu’un doigt sur les cordes tout près du chevalet, à d’autres, en frappant le corps de son instrument avec sa main gauche ou, aux moments les plus calmes, en abandonnant sa main droite et en ne plaçant que ses doigts sur les frettes. Le résultat : une multitude de sons, du wah-wah au souffle d’un nourrisson, du violon chinois aux cloches. Une diversité si surprenante que l’auditeur ne peut s’empêcher de se demander si Christina Carter (sa collaboratrice de longue date au sein des détonants Charalambides) ne se cache pas quelque part dans les coulisses.

Loin d’être vaines, les explorations électroacoustiques de Carter enrichissent véritablement son discours mélodique. Son but est moins de nous montrer ce qu’il arrive à tirer de son instrument que ce qu’un son donné peut faire. Le résultat est un contrepoint hallucinatoire d’échos et de mélodies fugitives, une musique qui rebondit dans les coins de la pièce avant de se dissoudre dans l’air.

Suivent Marcia Basset et Steve Gunn de GHQ (Three Lobed), cette fois sans leur collaborateur Pete Nolan. Bassett (Double Leapords, Hototogisu, Zaimph), le visage caché par une abondante chevelure blonde, introduit un bourdon semblable à celui d’un râga sur un alto déglingué, pendant que Gunn (Magik Markers, Moongang) tire de sa guitare électro-acoustique quelques notes scintillantes. Ils sont new-yorkais, certes, mais leur musique est aussi éloignée de ce pays de métros, de lumières flamboyantes, de bodegas de 24 heures et de Dow Joneses que nous autres le sommes, ici, de ce côté de l’Atlantique – et peut-être plus encore. Pour reprendre le titre de leur dernier album, Crystal Healing (2007), leur musique s’insinue dans les deux pièces du café comme un encens médicinal entêtant, apportant avec lui les muscs et les fragrances de pays aussi lointains et sauvages que l’Extrême-Orient et le Sud profond, les Appalaches et la Perse.

Ici, comme dans la musique de Tom Carter, la réverbération et le delay règnent en maîtres absolus. L’instrumentation de GHQ (alto et guitare, guitare et guitare, guitare et voix) est faussement minimale ; la distorsion, procédé magique, démultiplie à l’infini leurs instruments. Basset, serrant fort son alto contre son torse, provoque un tremblement presque surnaturel du bois de son archet – en résulte un son indien, le son d’un sitar, non, d’une douzaine de sitars jouant simultanément. Ses motifs mélodiques cycliques, restreints à un nombre limité de notes (un des principes fondateurs du râga indien), évoquent l’Extrême-Orient, tandis que le picking de Gunn nous transporte dans un tout autre univers : John Fahey parcourant l’Orient, tissant les mélodies locales dans une ode au pays qu’il aime, et baissant son chapeau, en passant, à Sir Richard Bishop et à sa guitare espagnole.

Dans le jeu de Gunn, il y a un son que l’on ne peut appeler autrement qu’américain ; pas “américain” au sens de l’Amérique actuelle, mais “américain” au sens d’une Amérique d’autrefois, sauvage, fertile et rude. Et bien qu’on ne puisse saisir les histoires que Gunn raconte quand il attrape son micro, on entend, surgissant de sa voix, les fantômes des bluesmen d’avant-guerre. Magnifique.

Comme beaucoup d’autres artistes qui tombent sous la catégorie un peu pêle-mêle de “New Weird America”, Tom Carter et GHQ fournissent un remède maison à la vie occidentale moderne. Et même si l’on ne peut pas trop dire leur musique nous transporte, quand elle nous transporte, on peut être sûr que ce n’est pas ici. Oh non, pas ici.

Emilie Friedlander

Photos : Bill T Miller

Publié dans Fragil, mars 2008.

Grey Skull aux Instants Chavirés (Paris) : le bruit des choses qui s’écroulent

Saturday, September 13th, 2008

2403708883_8d92bb899b_mVendredi 4 avril. Grey Skull, trio noise du Western Massachusetts, fait 7 heures de route entre Amsterdam et Paris pour un concert aux Instants Chavirés qui durera à peine 13 minutes. Un peu bref, oui. Mais un tour de force pour un groupe qui dépense tant d’énergie sur scène qu’il ne peut promettre que “de jouer jusqu’à ce [qu’il] n’en [puisse] plus”. Compte-rendu d’un assaut sonique qui ne pouvait finir que par… un effondrement.

Quand George Myers, Dan Cashman et Jeff Hartford de Grey Skull (Breaking World Records) entrent en scène, on voit tout de suite qu’il y a quelque chose qui cloche. D’abord, leurs instruments ne sont pas accordés — en tout cas pas de manière à produire quelque chose qui mériterait le nom de rock ’n’ roll. Et puis, quelques cordes de la guitare de Cashman et de la basse de Myers sont cassées – sans doute les retombées de leur dernière session thrash au Pays-Bas, mais tout de même un peu troublant à voir au début d’un concert. Enfin, plus troublant encore, la cymbale de Hartford semble avoir été écrasée par une voiture. Ou, du moins, fracassée par une batte de base-ball jusqu’à ce qu’elle ressemble plus à une fleur fanée qu’à un objet destiné à produire des sons.

Dès les premiers drones épais de la basse de Myers, le public se trouve confronté à quelque chose qui ressemble plus à une caricature d’un concert qu’à un concert en soi. Pas n’importe quel concert, mais le plus gras, le plus brut, le plus ridicule des concerts de “Heavy Metal” que l’on puisse imaginer. Myers et Cashman agitent leurs instruments de haut en bas, plongés dans l’extase d’un solo virtuose à la Black Sabbath – seulement, chez eux, on n’entend aucun riff, aucun solo. Hartford pousse quelques grognements sauvages puis plonge dans son “headbanging” si caractéristique, ses longs cheveux châtains se balançant à une violence telle qu’ils pourraient mettre un enfant au tapis. Pourtant, il n’y a aucune pulsation sur laquelle il puisse se caler. Oui, il y a vraiment quelque chose qui cloche sur cette scène.

Les singeries qui suivent tiennent moins de la performance musicale que d’une performance théâtrale dont les effets secondaires sont musicaux. Myers triture un enchevêtrement de mixeurs et de pédales reliées à sa basse, tel un savant fou qui peaufinerait sa machine destinée à détruire la planète ; les sons qui en résultent sont aléatoires, parfois stridents. Cashman, sorte d’ado troglodyte à guitare, nous berce de ses habituels bafouillements inintelligibles, ponctués de quelques injurieux “Fuck you !” Jeff Hartford, lui, pénètre la masse sonore dissonante de son martèlement symétrique, tel une sorte de Barney Flintstone hard rock qui aurait perdu son sens de l’humour. Alors que les sons produits par la guitare de Cashman et la basse de Myers menacent de faire du hors-piste, sa raclée mécanique donne une structure et une raison à la cacophonie générale – tout bien considéré, sa batterie reste l’instrument le plus mélodique de l’ensemble.

Il y a quelque chose remarquablement paléolithique dans la musique de Grey Skull, quelque chose de pré-verbal, de pré-musical, presque. Trois hommes des cavernes reçoivent en cadeau une guitare, une basse et une batterie, accompagnés d’un message décrivant sommairement ce que sont le rock et comment se déroule un concert de rock. Convaincus que cela pourrait être une façon de s’attirer la faveur des dieux, ils tentent de recréer le “rock ’n’ roll” sans jamais l’avoir entendu.

En plus de mettre à mal les notions traditionnelles de mélodie et de rythme, les performances irrévérencieuses de Grey Skull malmènent le culte parfois voué aux instruments. Les trois compères sont connus pour balancer leur matériel dans tous les sens. Myers et Cashman jettent régulièrement leurs “noisemakers”, comme des enfants hyperactifs qui ont subitement perdu tout intérêt dans la petite voiture avec laquelle ils jouaient un instant auparavant. Un jeu d’enfant… mais beaucoup plus dangereux : ce soir-là, aux Instants Chavirés, Myers attrape un mixeur et laisse tomber sa basse… du haut de la scène ! L’instrument, littéralement cassé en deux, devra faire l’affaire pour le concert du lendemain, à Anvers ; Grey Skull voyage léger.

En guise de bouquet final, Dan Cashman grimpe sur un ampli, puis plonge dans la foule, provoquant une véritable explosion de pogos et de hurlements. Son travail accompli, il remonte sur scène et s’effondre d’épuisement. Au-dessus du feedback final, une voix retentit du fond de la salle : “Y en a marre de ces conneries. Tu pourrais pas jouer des Beatles ?” Une injure du même acabit que l’injure que constitue les 13 minutes du set de Grey Skull, mais aussi le genre de réaction que le groupe cherche à provoquer. Vous n’entendrez rien qui ressemble aux Beatles, à un concert de Greyskull, mais vous aurez certainement une idée de ce qu’aurait été la musique des Beatles si le groupe était né à Stonehenge, en l’an 2200 avant notre ère. Oogachaka.

Emilie Friedlander

Publié dans Fragil, avril 2008.

Grey Skull at Instants Chavirés (Paris): The Sound of Things Falling Apart

Saturday, September 13th, 2008


On Friday, April 4th, the Western Massachusetts noise trio Grey Skull drive 7 hours from Amsterdam to Paris for a set that would clock in at just under 13 minutes. A bit brief, yes. But quite a feat for a group who use up so much energy live that they can only promise to “play until [they] can’t anymore.”

(more…)

Tom Carter + GHQ at the Grimault (Nantes): And each one of them was several…

Saturday, September 13th, 2008


Just when our ears had stopped ringing from the thunderous performances of Sunburned Hand of the Man and Jackie O’Motherfucker at Yamoy’s Soy Festival last fall, the ecstatic sound of the American psychedelic Underground returned to the Nantes last Friday with Tom Carter and GHQ –this time, however, in one of its gentler incarnations.

(more…)