Posts Tagged ‘New Weird America’

Horizons: What, if any, are the Politics of Hypnagogic Pop?

Monday, September 28th, 2009

huge.84.423296The first thing I did when David Keenan’s hotly debated “Hypnagogic Pop” article came out in The Wire last June was log on to the Terminal Boredom message board–not because I read it all the time, but because it was the site where that debate began, as far as I could glean from a preliminary Google search. And the first thing I saw when I logged onto Terminal Boredom was a question that would make a really big imprint on my subsequent readings of the piece, partly because it was written in all capital letters and tickering from right to left across the screen:
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Jackie-O Motherfucker + Sunburned Hand of the Man at the Soy Festival (Nantes): The New Ecstatic America

Friday, September 19th, 2008

For the third installment of this year’s Soy Festival, the Nantes-based Yamoy association brings us two groups recently signed to Thurston Moore’s Ecstatic Peace. New acquisitions, but by no means wet behind the ears. Dating back to the mid-90s, Sunburned Hand of the Man and Jackie-O Motherfucker are the pioneers of a New Weird America that takes pleasure in denaturing the codes of traditional American music.

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Une soirée avec Tom Carter et GHQ: “Sit down, tune in, drop out”

Saturday, September 13th, 2008

GHQ_001À peine nos oreilles étaient-elles reposées des performances étourdissantes de Sunburned Hand of the Man et de Jackie-O Motherfucker au Festival Soy de l’automne dernier, que le son extatique de l’underground psychédélique américain était de retour à Nantes, vendredi 21 mars, avec Tom Carter et GHQ – cette fois, cependant, sous une figure plus paisible.

Vendredi 21 mars, Nantes. Le café Grimault, petit bar de style “saloon américain” du quai de Versailles, est plein à craquer bien avant 20 heures. Ce n’est pourtant qu’à 21 heures que Tom Carter (Austin, Texas) et deux membres du trio new-yorkais GHQ (Marcia Basset et Steve Gunn) se mettent à table et commencent à picorer leur salade en devisant, sourds au vacarme d’un public de plus en plus impatient. Le décalage de deux heures entre l’heure annoncée et l’entrée en scène de Carter donne le ton de la soirée – Carter et GHQ nous offrent une musique patiente, posée, une exaltation sonique accessible à ceux-là seuls qui sont prêts à s’asseoir, respirer, écouter et s’abandonner aux bienfaits d’un petit voyage hallucinatoire.

Hypnotique, oui. Répétitif, statique, minimal, non. L’affiche de la soirée organisée par l’association Yamoy, qui qualifie la musique de Tom Carter (Kranky) de “drone psyché”, est peut-être un peu réductrice. Loin de créer une musique fondée sur la répétition de notes statiques (de drones, au sens traditionnel du terme), le guitariste texan, véritable sorcier, brode une tapisserie riche de sons surnaturels et d’inflexions mélodiques fugitives. Sa démarche, basée sur l’improvisation, repose sur la superposition de sons mis en boucles, réverbérés et retardés – un procédé sans doute facilité par l’amas de pédales, mixeurs et hauts-parleurs qui repose à ses pieds.

Au cœur de la musique de Tom Carter gît une fascination pour les possibilités acoustiques de la guitare – non pas instrument unique, à voix unique, mais multitude de voix, toutes prêtes à être découvertes moyennant un peu de bricolage. Le champ sonore tendu, hypersensible créé par l’utilisation de nombreuses pédales et artifices électroniques lui permet d’expérimenter diverses techniques de jeu – à certains moments, il “joue” de sa guitare en ne battant qu’un doigt sur les cordes tout près du chevalet, à d’autres, en frappant le corps de son instrument avec sa main gauche ou, aux moments les plus calmes, en abandonnant sa main droite et en ne plaçant que ses doigts sur les frettes. Le résultat : une multitude de sons, du wah-wah au souffle d’un nourrisson, du violon chinois aux cloches. Une diversité si surprenante que l’auditeur ne peut s’empêcher de se demander si Christina Carter (sa collaboratrice de longue date au sein des détonants Charalambides) ne se cache pas quelque part dans les coulisses.

Loin d’être vaines, les explorations électroacoustiques de Carter enrichissent véritablement son discours mélodique. Son but est moins de nous montrer ce qu’il arrive à tirer de son instrument que ce qu’un son donné peut faire. Le résultat est un contrepoint hallucinatoire d’échos et de mélodies fugitives, une musique qui rebondit dans les coins de la pièce avant de se dissoudre dans l’air.

Suivent Marcia Basset et Steve Gunn de GHQ (Three Lobed), cette fois sans leur collaborateur Pete Nolan. Bassett (Double Leapords, Hototogisu, Zaimph), le visage caché par une abondante chevelure blonde, introduit un bourdon semblable à celui d’un râga sur un alto déglingué, pendant que Gunn (Magik Markers, Moongang) tire de sa guitare électro-acoustique quelques notes scintillantes. Ils sont new-yorkais, certes, mais leur musique est aussi éloignée de ce pays de métros, de lumières flamboyantes, de bodegas de 24 heures et de Dow Joneses que nous autres le sommes, ici, de ce côté de l’Atlantique – et peut-être plus encore. Pour reprendre le titre de leur dernier album, Crystal Healing (2007), leur musique s’insinue dans les deux pièces du café comme un encens médicinal entêtant, apportant avec lui les muscs et les fragrances de pays aussi lointains et sauvages que l’Extrême-Orient et le Sud profond, les Appalaches et la Perse.

Ici, comme dans la musique de Tom Carter, la réverbération et le delay règnent en maîtres absolus. L’instrumentation de GHQ (alto et guitare, guitare et guitare, guitare et voix) est faussement minimale ; la distorsion, procédé magique, démultiplie à l’infini leurs instruments. Basset, serrant fort son alto contre son torse, provoque un tremblement presque surnaturel du bois de son archet – en résulte un son indien, le son d’un sitar, non, d’une douzaine de sitars jouant simultanément. Ses motifs mélodiques cycliques, restreints à un nombre limité de notes (un des principes fondateurs du râga indien), évoquent l’Extrême-Orient, tandis que le picking de Gunn nous transporte dans un tout autre univers : John Fahey parcourant l’Orient, tissant les mélodies locales dans une ode au pays qu’il aime, et baissant son chapeau, en passant, à Sir Richard Bishop et à sa guitare espagnole.

Dans le jeu de Gunn, il y a un son que l’on ne peut appeler autrement qu’américain ; pas “américain” au sens de l’Amérique actuelle, mais “américain” au sens d’une Amérique d’autrefois, sauvage, fertile et rude. Et bien qu’on ne puisse saisir les histoires que Gunn raconte quand il attrape son micro, on entend, surgissant de sa voix, les fantômes des bluesmen d’avant-guerre. Magnifique.

Comme beaucoup d’autres artistes qui tombent sous la catégorie un peu pêle-mêle de “New Weird America”, Tom Carter et GHQ fournissent un remède maison à la vie occidentale moderne. Et même si l’on ne peut pas trop dire leur musique nous transporte, quand elle nous transporte, on peut être sûr que ce n’est pas ici. Oh non, pas ici.

Emilie Friedlander

Photos : Bill T Miller

Publié dans Fragil, mars 2008.

Tom Carter + GHQ at the Grimault (Nantes): And each one of them was several…

Saturday, September 13th, 2008


Just when our ears had stopped ringing from the thunderous performances of Sunburned Hand of the Man and Jackie O’Motherfucker at Yamoy’s Soy Festival last fall, the ecstatic sound of the American psychedelic Underground returned to the Nantes last Friday with Tom Carter and GHQ –this time, however, in one of its gentler incarnations.

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